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Mais dans ces systèmes, on ne se cantonne pas seulement au niveau de la
structuration d'une base de règles. Outre les connaissances déclaratives, SMECI
intègre des connaissances factuelles représentées sous forme d'objets
(catégories, prototypes) et des connaissances procédurales (démons, méthodes).
Ainsi, ces systèmes experts répondent à la critique comme quoi ils sont encore
trop superficiels au niveau de la représentation profonde des associations
phénoménologiques qu'ils sont capable de faire [Bonnet, 1984], [Pitrat, 1987] :
en effet, ils peuvent posséder un modèled'organisation des objets du domaine
et l'utiliser pour inférer des données manquantes par un raisonnement de bon
sens (si type(culture) est "plein-champ", alors chauffage(culture) est "froid" et
mode(culture) est "en-terre"), ils donnent la possibilité de décomposer le
problème en modules de connaissance (tâches) indépendants et de piloter la
résolution de problèmes à l'aidede stratégies d'inférence variées (profondeur,
largeur, meilleur d'abord).
Comme nous le constatons, les systèmes experts se sont développés surtout
autour de la simulation du raisonnement. Or, avant de raisonner pour
résoudre un problème, il faut être capable d'acquérir les conceptssur
lesquels on raisonne.
Cette faculté est le propre de l'inductionqui est le processus qui va inférer des
règles générales (ou plutôt des hypothèses) à partir des cas particuliers. Cette
raison nous a conduit à étudier l'apprentissage inductif à partir d'exemples qui
permet de découvrir des connaissances déclaratives (des définitions, c'est-à-dire
quelque chose de vrai ou faux) caractérisant des concepts, à partir de
connaissances factuelles (des descriptions, cf. chapitre 3). Les règles induites
sous la forme d'un arbre de décision sont ensuite utilisées comme pour les
systèmes experts de première et seconde génération.
De plus, l'apprentissage automatique a été désigné pour répondre à la
constatation suivante : autant l'expert peut être compétent pour résoudre des
problèmes concrets, autant il n'est pas nécessairement un bon professeur capable
d'expliquer de façon logique par des règles abstraites comment il raisonne. Nous
pensons qu'il est effectivement plus simple et plus naturel de laisser l'expert
décrire des échantillons de différentes classes que de lui demander de fournir des
définitions qui permettront de les reconnaître. Cela permet aussi de tenir compte
des exceptions multiples que l'on trouve obligatoirement dans la nature et qui
constituent toutes des exemples "couvrant" la même classe. De ce fait, l'expert
peut adopter une démarche exploratoire pour comprendre la manière dont il a lui-
même pu (auparavant) apprendre son domaine : les règles en sortie peuvent être
contrôlées par les données qu'il a lui-même entrées, ce qui est plus "confortable"
que l'énoncé de règles abstraites. Le résultat est de toute manière identique à
celui des générateurs de systèmes experts : il s'agit de construire un système à
base de connaissances.
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